Nous avons écrit
J'ai eu 4 voisines différentes dans cette chambre, et trois d'entre elles m'ont
beaucoup parlé, confié leurs questionnements, leurs problèmes de famille
etc.........
une fois de plus, je me dis que nous, anorexiques, avec notre
hypersensibilité faisons de petits monticules de terre des himalayas!!!
Nous
devons donc vraiment apprendre à connaitre nos faiblesses et aussi nos forces
pour affronter la vie et vivre heureuse!
Cécile
Je vais essayer de retranscrire quelques idées échangées samedi
dernier.
1) rapport de la personne malade à son entourage :
le sentiment
d'être jugé, de ne pas avoir de volonté, de vouloir entretenir son statut de
malade.
Incompréhension ou ignorance pour les proches du caractère addictif
de la maladie.
Mon témoignage (époux d'une malade, 35 ans) : "moi, au début
j'avais un comportement agressif," rentre dedans",
c'était ma réponse à un
trouble que je ne comprenais pas et que je prenais aussi comme une
provocation envers moi!
Par exemple, je vais lui dire qu'elle ne me séduit
plus depuis quelle perd du poids...çà va la faire réagir...çà suffira bien
sûr...
je n'ai qu'à la vexer, toucher là où
çà fait mal, là où çà me fait
mal à moi aussi.
Toujours au début, mon regard sévère sur les rituels, mon
impossibilité de ne pas lui faire remarquer ses dérives alimentaires,
comme
si mon discours à lui seul aura pouvoir de sagesse ou de bonne résolution."
et aujourd'hui ? Distanciation, pas de commentaire.
Tous deux aimons bien la
gastronomie : volonté de conserver pas mal de bons moments autour de la
table (restaurant, petits plats sympa à la maison).
Tant pis pour l'après
repas, l'important c'est le partage de l'instant, la convivialité, le
plaisir....
Parfois un petit "où en es tu sur le plan alimentaire" qui n'est
souvent même plus nécessaire
car l'ouverture du dialogue sur ce sujet vient
plus facilement d'elle, au moment où elle le souhaite, où elle le
peut.
2) rapport au suicide et à la mort :
périodes répétées d'idées
noires, en lien avec l'enlisement dans la maladie. L'impossibilité de s'en
sortir, la longueur décourageante du cheminement, la perte d'énergie vitale.
Le sentiment de faire du mal autour de soi. Partir, disparaitre pour libérer
les autres, pour libérer le monde d'un boulet.
Mon témoignage : les
premières fois, sentiment d'horreur, rejet total de l'idée quand elle a pu
m'exprimer penser à cette issue.
Déni, "tu le feras pas, t'as pas le
courage...".
Chantage, "et les enfants, et moi..."Aujourd'hui, j'ai
réellement pris conscience que je ne peux aller à l'encontre de la volonté
profonde d'une personne.
J'en ai évidemment peur, mais çà peut
arriver."
Autre observation : le paradoxe chez la personne malade, de l'envie
de vouloir se laisser mourir à petit feu,
et dans le même temps une grande
angoisse de se retrouver face à la mort, comme s'il fallait la sentir frôler
pour se mettre à trembler et développer ainsi un réflexe de survie.
3)
l'accompagnement pendant la maladie :
savoir être présent, solidaire,
attentif...sans être étouffant, collé, inquisiteur.
Besoin permanent de ne
pas se sentir abandonnée,tout en ne supportant pas une trop grande
proximité.
Etre "à coté", sans vouloir "être dedans".
Bref,
voilà.Quelques pistes. Pas des solutions universelles. Un peu de vécu, c'est
tout. Je retiens surtout l'idée qu'il faut beaucoup de temps pour
apprendre
à mieux cerner la maladie, qu'il faut parfois se déculpabiliser, nous,
l'entourage, faces aux dérapages ou contreemplois que l'on peut faire
au
début de la confrontation avec le trouble de son proche.Nous sommes tous
plein de bonnes intentions. Nous sommes tous malheureux de voir la
souffrance. Nous sommes tous maladroits. Ne pas abandonner la personne, être
encore là après toutes ces années de souffrance mutuelle, voilà déjà
beaucoup.
L'important c'est d'évoluer, de prendre conscience, d'accompagner.
Le trouble et sa guérison appartiennent de toute façon uniquement à la
personne malade.
( Yves )
ce qui est le plus dur c'est de pouvoir se changer les idées, être pris en
charge pour sortir de ces pensées obsessionnelles qui nous tirent vers le bas,
et personne pour nous aider à nous en sortir, voir autre chose, parler d'autre
chose, oublier, trouver du répit, du repos, arrêter de penser pouvoir passer à
autre chose, j'ai connu cela mais je suis heureuse de rappeler que l'on peut
s'en sortir, la route est longue quand on est seul, mais à travers l'épreuve
aussi douloureuse soit elle il y a quelque chose à apprendre, à découvrir,
progresser jusqu'à pouvoir s'aimer et pardonner aux autres de ne pas nous
comprendre et pas savoir nous faire le bien dont nous avons besoin, vouloir les
aimers malgré tout ce qui nous sépare, éviter de ce disputer, dédramatiser le
plus possible. je suis content de voir que nos prières reçoivent des réponses,
je vais continuer pour que l'état de santé d'Isabelle s'améliore
( Manny )
Bravo pour le texte, qui suit, de Sophia Ducceschi !
il me réconforte et m'encourage à
continuer le combat contre le silence sur la maladie ! silence inacceptable
!
je souligne l'importance de ce qu'elle écrit :
"C’est donc plutôt vers le
futur et vers l’action que les parents trouveront leur place dans cette lutte
contre le T.C.A.".
j'espére qu'il va nous réveiller sérieusement et nous unir
enfin dans toute la France ensuite. Il est temps d'agir
dans toutes les villes du pays !
j'attends vos réactions : association.solidarite-anorexie-l-a@laposte.net
( Bruno )
Il est important que les parents ne figent pas leur douleur dans
une culpabilité paralysante car, s’ils ne sont, certes pas « fautifs », ils
peuvent (doivent) néanmoins jouer un rôle déterminant dans la guérison de leur
enfant (quel que soit son âge). C’est donc plutôt vers le futur et vers l’action que les
parents trouveront leur place dans cette lutte contre le T.C.A.
Ils devront parfois remettre en question un fonctionnement familial, un
système de communication. Chaque membre de la famille devra aussi s’interroger
sur la place que prend le symptôme de leur enfant dans le clan familial.Par
le symptôme, l’enfant parle ; la famille pourra déchiffrer le message qu’il lui
est parfois destiné. Elle pourra ensuite aider l’individu concerné par le
trouble à mettre des mots sur la problématique qui n’engage pas toujours que
celui qui s’exprime.
Le T.C.A. est une révolution familiale, sa guérison
est la mise en place d’un nouvel équilibre de ce système familial.C’est un
chantier colossal qui débute et chaque membre de la famille peut en être
l’ouvrier. Sans cette participation active, la guérison reste heureusement
possible mais l’individu, seul dans son entreprise thérapeutique, connaîtra
certains écueils qui pourraient lui être évités.
Pour devenir actifs, les
parents doivent être soutenus, informés, déculpabilisés. Leur énergie sera plus
que jamais sollicitée et il serait dommageable pour tous que celle-ci soit
investie dans un passé sur lequel personne ne peut plus agir.
Enfin, Il est important que les parents sachent que l’anorexie mentale, la boulimie
et les compulsions alimentaires sont des pathologies à part entière, qu’elles
expriment un véritable trouble de la personnalitEn conséquence, il n’est
pas question ici d’un manque de volonté, de manipulations intéressées ou de
laxisme délibéré de la part de leur enfant.
Il est capital d’accorder à son proche une confiance totale et de
s’adresser à lui en tant qu’individu et non pas seulement en tant que porteur du
symptôme.
( Sophia Ducceschi )
Je viens justement de publier un billet sur un forum à cet
effet. Les gens pensent qu'il n'y a que des ados et des filles. Faux, faux,
faux, et re faux. Je ne suis pas ado, et tu n'es pas une fille... Des idées
préconçues pour se simplifier les neurones je pense...
Bref. Si vous avez
besoin d'aide je suis là. Je suis ano et je frôle peut-être la fin de ce
cochemard. Je dis peut-être car cette "rémission" là ne provoque pas du tout les
mêmes impressions chez moi. Je ne suis pas boulimique, je ne suis pas
euphorique, je contrôle relativement bien la qualité de ce que je mange. Ma psy
me dit que je ne suis plus ano, qu'il me reste à règler un trouble du
comportement alimentaire dû à la schématisation répétée de mon alimentation.
C'est pas beau? Mais je garde les pieds sur Terre. Je ne veux pas m'envoler car
si je dois rechuter le plus difficile serait la deception!
Je ne m'avoue
quand même pas vaincue. Je ne dis pas encore que je m'aime, mais au moins je ne
me hais plus!
On peut toutes et tous y arriver car nous sommes toutes et
tous des personnes courageuses et fortes malgré cette dépréciation que nous nous
infligeons. Notre force est bien plus puissante que cette chienne de maladie, il
nous faut apprendre à la reconnaitre et à nous en servir! Je ne le dirai jamais
assez: CONSULTEZ, PARLEZ, VIDEZ VOTRE SAC EMOTIONNEL.... Utilisez tous les
moyens à votre protée, et même ceux que vous n'osez pas car tout est bon à
prendre et à apprendre!
C'est tellement bon d'être léger!!!
EMOTIONELLEMENT biensûr!!!!!!
extrait d'un Forum extérieur, en juillet 2007
Nous sommes les témoins d'un
enfer. Nous avons l'expérience de cette souffrance subie par des personnes et
par leur entourage. Nos chemins se ressemblent. Nos blessures sont encore
ouvertes. Nous sommes à égalité. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes
solidaires. Nous pensons que la rencontre avec les autres peut nous aider à retrouver un sens à la
vie, nous redonner envie d'exister, nous transmettre cette lumière aperçue
enfin au bout du tunnel.
Cette
solidarité que nous tentons de la construire dans cette association. Pour nous,
c'est ce désir de rester ensemble quelque soit les événements qui surviennent
au cours du voyage, jusqu'au terme.
Les
rencontres de cette nouvelle association nous entraîne à rompre le silence qui
nous étouffe. Les participants peuvent s'exprimer librement, sans retenues,
sans crainte, en toute confiance. la parole, peu à peu, se libère. Chacun témoigne de son vécu, de ses blessures, de
ses souffrances, de ses joies, de ses progrès, de ses victoires.
Nos
rencontres sont des temps qui nous permettent d'exprimer nos détresses, nos tristesses, nos peines,
nos défaites, mais aussi nos réussites, nos rêves, nos projets, nos bonheurs. Si nous voulons retrouver la lumière
au bout du tunnel, il faut exprimer ce qui nous fait souffrir, ce qui nous
empêche de vivre, les blessures de la vie, les non-dit du passé, les événements
enfouis dans notre inconscient. Tous, nous pensons que la parole soulage et
libère.
Il
nous faut retrouver la parole perdue car « nous avons encore tant de
choses à nous dire ».
Cette parole
prise et entendue, retentit comme la richesse de nos rencontres. Même si nous sommes intimidés, gênés, nous parlons dans le silence des autres qui écoutent. Nous exprimons, parfois avec difficulté, ce
que nous pensons, ce que nous vivons, ce que nous ressentons, ce que nous
rêvons. Parler , écouter, accepter, comprendre : c'est la richesse de nos
rencontres
Rencontre d’avril 2005
Votre courrier, votre site, nous
encourage à persévérer dans notre combat contre la maladie, à continuer à
chercher les chemins de la guérison, de la liberté, de l'ouverture aux autres.
Difficile lutte ! avec des échecs ! avec des succès ! avec des déceptions
cruelles! avec des joies formidables ! Comment transmettre toute la valeur
fantastique de notre existence humaine, de cette fabuleuse aventure ???? notre
naissance, notre vie sur terre, nos rencontres humaines, nous avons ce
privilège de vivre entre la naissance et la mort ! C'est vrai que notre
construction est tellement fragile ! notre histoire tellement incertaine !
notre passé tellement présent ! notre avenir à écrire ! Hier, Aujourd'hui,
Demain ?
Une question nous obsède :
trouverons-nous avec l'aide des autres, des psychothérapeutes adaptés, notre
salut, notre passeport pour une vie enfin plus vivable ? Comment s'opposer à
cette maladie plus efficacement ?
Bruno à Vittoria Pazalle
Comme vous l'avez si bien
souligné, dans l'anorexie, le chemin de la guérison passe par l'espoir et
l'ouverture aux autres.
A travers mon parcours, je tente
de faire comprendre que guérir est possible si l'on accepte de demander de
l'aide (en oubliant notamment son ego et sa peur de l'autre) et de travailler
sur soi (soit ne plus se juger pour tenter d'être encore plus parfait(e), mais
enfin s'accepter avec ses qualités et défauts).
Les anorexiques sont généralement
hypersensibles et plus vulnérables que les autres, mais il est possible grâce à
une thérapie et l'aide de ses proches d'apprendre à prendre enfin
"sa" place, avoir plus confiance en soi, se respecter, et s'aimer.
Ce chemin vers la guérison
demande du temps avec ce retour sur soi-même (plus dans l'excès et les extrêmes
qui créent de multiples peurs et angoisses, mais enfin dans la réalité
notamment en relativisant), mais il s'avère être une véritable renaissance !
Tel un nouveau-né, on apprend de
nouveau à regarder, entendre, réfléchir et vivre avec de "nouveaux
sens".
Vittoria Pazalle à Bruno
Nous avons le droit, à un moment ou
à un autre de notre existence, de dire ou d’écrire nos vérités, nos idées, nos
souhaits, nos volontés. Des événements peuvent nous entraîner à nous exprimer
sur nous-même, sur la société. Nous devons le faire. Ce que nous pensons doit se libérer et venir enrichir le débat
avec les autres. Nous souffrons pour les hommes qui ne peuvent s’exprimer, qui
sont condamnés au silence.
Aujourd’hui, les psychologues nous
aident à nous libérer, par la parole, l’écriture ou tout autre moyen. Il faut
exprimer ce qui nous fait souffrir, ce qui nous empêche de vivre, les non-dits
du passé, les événements enfouis dans notre inconscient. La psychologie nous
aide à nous libérer des blessures de la
vie, en les exprimant !
Rencontre
de mars 2005
Nos rencontre réunissent 2 groupes de personnes :
1) celles qui souffrent ou qui
ont souffert de cette maladie, celles qui vivent ou ont vécu ce
cauchemar
2) celles et ceux qui ont vécu ou
qui vivent à côté de personnes anorexiques. Elles sont des témoins. Elles
assistent. Elles sont entraînées dans la spirale.
Pour le premier groupe, nous
pensons qu'il serait bien que des personnes guéries puissent être présentes et
entraîner le groupe vers la libération, dans une direction positive. Cependant
les anciennes malades qui pourraient nous « guider » ont tourné la
page, définitivement. Alors qu'aujourd'hui, des jeunes filles, des jeunes
femmes, des femmes, des hommes plongent dans l'enfer, se noient sous les yeux
de leurs proches, incapables de les secourir.
Rencontre de juillet 2005
projet futur : en plus de notre rencontre
mensuelle, démarrer une permanence une fois par mois ou par quinzaine,
2 ou 3 personnes assumeraient une
présence durant 2 ou 3 heures un samedi après-midi, pour recevoir, accueillir,
écouter, répondre, parler. Une annonce serait faite dans la presse. Les
permanents pourraient être joignables par téléphone.
Rencontre d’août 2005
nécessité de partager une
émotion, dès qu’elle apparaît, en en parlant. Mettre
les priorités dans l’ordre.
Différence entre émotion et
réaction. Ne pas s’isoler.
Difficulté à s’aimer.
Enlever les anciens vêtements de
son armoire comme pour se débarrasser
d’une vieille peau.
Apprendre à ne rien attendre. Prendre de la distance pour se protéger. Éviter les colères destructrices.
Ne pas faire de mal à quelque un. Faire plaisir, se faire
plaisir. Établir un code de conduite.
Trouver la joie de faire du
sport. La peur d’être
aimée. La notion de choix:
on peut toujours choisir.
Poser des actes.
Être
responsable de ses actes, se mettre en première personne.
Agir aisément.
Vivre
et laisser vivre. L’important
d’abord.
Pensez…méditation…pensez.
Essayer plutôt que
falloir. Vouloir tout maîtriser,
c’est masquer.
Vivre la journée le mieux
possible: programme sur une journée, et reconduire le programme le lendemain.
Le problème : le
« hier » et la peur du lendemain: solution: vivre le présent.
Ne plus penser que quelque un est
responsable de son problème.
La culture bretonne : ne pas
savoir aimer, être aimée.
Le mot AIMER est récent dans la culture bretonne.
« être « est antinomique avec « avoir peur de manquer d‘argent, d‘amour». Difficulté de s’aimer, de
s’accepter.
Avoir un but est capital.
L’anorexie,
comme moyen de se rendre visible des autres.
L’écriture a aidé plusieurs
malades. Les anorexiques se
font souvent voler leurs papiers.
L’anorexie dessèche le cœur aux
sens propre et figuré.
Cela
induit solitude et dépression.
Claude
Importance de la psychothérapie pour
tous ! Un chemin vers la guérison ! Une remise à plat de notre histoire ! Une
exploration de notre construction !
Rencontre mai 2005
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