Nous avons écrit
Je voulais encore vous remercier de me tenir au courant de vos réunions et de m'envoyer les comptres rendus
car je me sens trés seule face à cette maladie et incapable de venir à votre rencontre à cause de ma fragilité et de mes obligations familiales mais mon témoignage pourrait servir.
J'ai 5 enfants de 15 à 26 ans La maladie est sous jacente depuis mon adolescence avec des périodes plus difficiles que d'autres mais j'ai réussi à mener une vie hyperactive avec un métier et trop d'activités..
Il suffit d'une période plus dificile pour que le passé vous
rattrappe et que l'on réalise que l'on est vraiment malade et que l'on ne s'en
sortira pas toute seule. A suivi une année soignée par un médecin puis une
première hospitalisation à toulouse à la clinique castelvieil puis une année à
st yves à rennes et maintenant un mois que je suis sortie et ,malgré toute une
avancée psychologique ; la maladie est là bien ancrée et je suis sur le fil dans
un blocage alimentaire alors que j'ai un entourage formidable qu'il soit
familial que médical.Trouver , chaque jour une raison de continuer à se battre
pour triompher.
Annie
Nous sommes les témoins d'un
enfer. Nous avons l'expérience de cette souffrance subie par des personnes et
par leur entourage. Nos chemins se ressemblent. Nos blessures sont encore
ouvertes. Nous sommes à égalité. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes
solidaires. Nous pensons que la rencontre avec les autres peut nous aider à retrouver un sens à la
vie, nous redonner envie d'exister, nous transmettre cette lumière aperçue
enfin au bout du tunnel.
Cette solidarité que nous tentons de la construire dans cette association. Pour nous, c'est ce désir de rester ensemble quelque soit les événements qui surviennent au cours du voyage, jusqu'au terme.
Les rencontres de cette nouvelle association nous entraîne à rompre le silence qui nous étouffe. Les participants peuvent s'exprimer librement, sans retenues, sans crainte, en toute confiance. la parole, peu à peu, se libère. Chacun témoigne de son vécu, de ses blessures, de ses souffrances, de ses joies, de ses progrès, de ses victoires.
Nos rencontres sont des temps qui nous permettent d'exprimer nos détresses, nos tristesses, nos peines, nos défaites, mais aussi nos réussites, nos rêves, nos projets, nos bonheurs. Si nous voulons retrouver la lumière au bout du tunnel, il faut exprimer ce qui nous fait souffrir, ce qui nous empêche de vivre, les blessures de la vie, les non-dit du passé, les événements enfouis dans notre inconscient. Tous, nous pensons que la parole soulage et libère.
Il nous faut retrouver la parole perdue car « nous avons encore tant de choses à nous dire ».
Cette parole prise et entendue, retentit comme la richesse de nos rencontres. Même si nous sommes intimidés, gênés, nous parlons dans le silence des autres qui écoutent. Nous exprimons, parfois avec difficulté, ce que nous pensons, ce que nous vivons, ce que nous ressentons, ce que nous rêvons. Parler , écouter, accepter, comprendre : c'est la richesse de nos rencontres
Rencontre d’avril 2005
Votre courrier, votre site, nous encourage à persévérer dans notre combat contre la maladie, à continuer à chercher les chemins de la guérison, de la liberté, de l'ouverture aux autres. Difficile lutte ! avec des échecs ! avec des succès ! avec des déceptions cruelles! avec des joies formidables ! Comment transmettre toute la valeur fantastique de notre existence humaine, de cette fabuleuse aventure ???? notre naissance, notre vie sur terre, nos rencontres humaines, nous avons ce privilège de vivre entre la naissance et la mort ! C'est vrai que notre construction est tellement fragile ! notre histoire tellement incertaine ! notre passé tellement présent ! notre avenir à écrire ! Hier, Aujourd'hui, Demain ?
Une question nous obsède : trouverons-nous avec l'aide des autres, des psychothérapeutes adaptés, notre salut, notre passeport pour une vie enfin plus vivable ? Comment s'opposer à cette maladie plus efficacement ?
Bruno à Vittoria Pazalle
Comme vous l'avez si bien souligné, dans l'anorexie, le chemin de la guérison passe par l'espoir et l'ouverture aux autres.
A travers mon parcours, je tente de faire comprendre que guérir est possible si l'on accepte de demander de l'aide (en oubliant notamment son ego et sa peur de l'autre) et de travailler sur soi (soit ne plus se juger pour tenter d'être encore plus parfait(e), mais enfin s'accepter avec ses qualités et défauts).
Les anorexiques sont généralement hypersensibles et plus vulnérables que les autres, mais il est possible grâce à une thérapie et l'aide de ses proches d'apprendre à prendre enfin "sa" place, avoir plus confiance en soi, se respecter, et s'aimer.
Ce chemin vers la guérison demande du temps avec ce retour sur soi-même (plus dans l'excès et les extrêmes qui créent de multiples peurs et angoisses, mais enfin dans la réalité notamment en relativisant), mais il s'avère être une véritable renaissance !
Tel un nouveau-né, on apprend de nouveau à regarder, entendre, réfléchir et vivre avec de "nouveaux sens".
Vittoria Pazalle à Bruno
Nous avons le droit, à un moment ou à un autre de notre existence, de dire ou d’écrire nos vérités, nos idées, nos souhaits, nos volontés. Des événements peuvent nous entraîner à nous exprimer sur nous-même, sur la société. Nous devons le faire. Ce que nous pensons doit se libérer et venir enrichir le débat avec les autres. Nous souffrons pour les hommes qui ne peuvent s’exprimer, qui sont condamnés au silence.
Aujourd’hui, les psychologues nous aident à nous libérer, par la parole, l’écriture ou tout autre moyen. Il faut exprimer ce qui nous fait souffrir, ce qui nous empêche de vivre, les non-dits du passé, les événements enfouis dans notre inconscient. La psychologie nous aide à nous libérer des blessures de la vie, en les exprimant !
Rencontre
de mars 2005
Nos rencontre réunissent 2 groupes de personnes :
1) celles qui souffrent ou qui ont souffert de cette maladie, celles qui vivent ou ont vécu ce cauchemar
2) celles et ceux qui ont vécu ou qui vivent à côté de personnes anorexiques. Elles sont des témoins. Elles assistent. Elles sont entraînées dans la spirale.
Pour le premier groupe, nous pensons qu'il serait bien que des personnes guéries puissent être présentes et entraîner le groupe vers la libération, dans une direction positive. Cependant les anciennes malades qui pourraient nous « guider » ont tourné la page, définitivement. Alors qu'aujourd'hui, des jeunes filles, des jeunes femmes, des femmes, des hommes plongent dans l'enfer, se noient sous les yeux de leurs proches, incapables de les secourir.
Rencontre de juillet 2005
projet futur : en plus de notre rencontre mensuelle, démarrer une permanence une fois par mois ou par quinzaine,
2 ou 3 personnes assumeraient une présence durant 2 ou 3 heures un samedi après-midi, pour recevoir, accueillir, écouter, répondre, parler. Une annonce serait faite dans la presse. Les permanents pourraient être joignables par téléphone.
Rencontre d’août 2005
nécessité de partager une émotion, dès qu’elle apparaît, en en parlant. Mettre les priorités dans l’ordre.
Différence entre émotion et réaction. Ne pas s’isoler. Difficulté à s’aimer.
Enlever les anciens vêtements de son armoire comme pour se débarrasser d’une vieille peau.
Apprendre à ne rien attendre. Prendre de la distance pour se protéger. Éviter les colères destructrices.
Ne pas faire de mal à quelque un. Faire plaisir, se faire plaisir. Établir un code de conduite.
Trouver la joie de faire du sport. La peur d’être aimée. La notion de choix: on peut toujours choisir.
Poser des actes. Être responsable de ses actes, se mettre en première personne.
Agir aisément. Vivre et laisser vivre. L’important d’abord.
Pensez…méditation…pensez. Essayer plutôt que falloir. Vouloir tout maîtriser, c’est masquer.
Vivre la journée le mieux possible: programme sur une journée, et reconduire le programme le lendemain.
Le problème : le « hier » et la peur du lendemain: solution: vivre le présent.
Ne plus penser que quelque un est responsable de son problème.
La culture bretonne : ne pas savoir aimer, être aimée. Le mot AIMER est récent dans la culture bretonne.
« être « est antinomique avec « avoir peur de manquer d‘argent, d‘amour». Difficulté de s’aimer, de s’accepter.
Avoir un but est capital. L’anorexie, comme moyen de se rendre visible des autres.
L’écriture a aidé plusieurs malades. Les anorexiques se font souvent voler leurs papiers.
L’anorexie dessèche le cœur aux sens propre et figuré. Cela induit solitude et dépression.
Claude
Importance de la psychothérapie pour tous ! Un chemin vers la guérison ! Une remise à plat de notre histoire ! Une exploration de notre construction !
Rencontre mai 2005
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